Présentation de mon travail

Je travaille sur le mouvement, plus particulièrement l’être humain en mouvement, le mouvement dans la vie, le mouvement de la vie, l’émotion que traduit le mouvement, la posture, l’attitude; je cherche la spontanéité de l’instant, le cliché volé au temps. C’est un travail de pure invention, je n’ai pas de modèle, juste ceux qui sont dans mon esprit.

Je cherche à mettre en images le ressenti, le mien  d’abord, puis par le mien, à  transmettre, à faire naître une émotion, à éveiller les sens……. peindre est pour moi une façon de rejoindre, de toucher l’autre.

L’aquarelle retranscrit bien les états émotionnels, c’est  un bon «  instrument »   pour ce que je  recherche…parce-qu’elle se travaille au gré du mouvement de l’eau, elle est dotée de très peu d’inertie, elle est en perpétuelle mouvance.

L’eau emmène les pigments comme une rivière, elle coule en dessinant des formes que je ne prévois pas ;  je ne suis pas toujours maître de la forme qu’elle prend, elle a son propre mouvement et je dois essayer de la dompter; tout est sculpté dans l’eau, le dessin agit comme une carte permettant de naviguer.

J’utilise les irisations de la peinture pour tracer d’autres mouvements autour d’elles; le dépôt de pigment devient dans l’eau un écho de plus en plus flou, comme un souvenir qui s’efface, comme une silhouette qui s’éloigne…

L’aquarelle reflète une manière d’habiter le monde; elle a sa manière mouvante d’être…

Mon travail sur papier ne se fait pas dans la durée; il est comme un accouchement, le résultat d’une longue mise en condition ailleurs que devant la feuille; après m’être imprégnée d’une multitude de ressentis et m‘être fixée une image mentale de mes sujets, souvent aidée par la musique, je me « jette » à l’eau… les pensées ont un pouvoir d’évocation qui appelle des souvenirs, des impressions, des émotions; le passé afflue et les sensations vécues deviennent proches…. alors vient le besoin irrépressible de figer l’instant…

 

Aucun mouvement n’est alors superflu, chaque geste compte, chaque coup de pinceau parle.

 

J’utilise également le fusain; il est maléable, je peux l’appuyer, l’estomper, le propager; je le fais avec mes doigts, directement, pour un ultime corps à corps avec mon dessin, de manière brute et sensuelle.

 

Je ressens chaque recoin des corps que je dessine , ils m’appartiennent; ce sont des vallées, des collines, des méandres.

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